Isabelle Saporta, l'experte en désinformation

Publié le par Alambic City

Isabelle Saporta

Ça porte à tort...

C'est sous le titre « Ou comment on peut aisément confondre bien peler la pomme et l’appeler la ... pomme » que Daniel Sauvaitre, blogueur-arboriculteur a réagi à la prestation grotesque d'Isabelle Saporta sur Europe 1. Le président de l'ANPP, ne pouvait rester insensible aux énormités journalistiques énoncées sur ces ondes à une heure matinale de grande écoute où nos cerveaux encore endormis captent le meilleur comme le pire de l'information. Cette journaliste autoproclamée spécialiste des questions de consommation et d’agro-industrie, aussi connue pour son ouvrage désastreux le livre noir de l'agriculture nous fait une fois de plus la parfaite démonstration de son excellent professionnalisme en marketing de la peur et surtout de sa totale incompétence lorsqu'elle approche les domaines liés aux productions agricoles.
 
Je vous laisse donc le soin de lire la vive réaction de Daniel face à la lamentable prestation radiophonique de la chroniqueuse et brillante par son ignorance et par sa volonté délibérer d'intoxiquer les consommateurs de messages-chocs et mensongers.
 
Si le blabla approximatif et caricatural de la midinette du bio m'afflige, j'ai trouvé en revanche la lettre de Daniel adressé à Thomas Sotto d'une pédagogie rare. En ces temps confus où les Français sont perdus dans le flot des informations les plus racoleuses, les « journalistes d’investigation » chargés des questions agricoles feraient mieux de prendre conscience des réelles contraintes que vivent nos agriculteurs au quotidien pour imprégner et retranscir leurs propos de plus d'exactitudes au lieu de colporter des idées fausses tellement nuisibles à la motivation de nos paysans qui continuent pourtant à mettre tout en œuvre pour produire toujours mieux sur notre territoire.
 
Lettre de Daniel Sauvaitre adressée à Thomas Sotto
 
Cher Monsieur,

C’est toujours avec plaisir que je vous écoute le matin sur Europe 1.
Mais aujourd’hui, je voudrais réagir de manière constructive au nom des arboriculteurs réunis au sein de l’ANPP (Association Nationale Pommes Poires) à votre chronique de 7h15 au cours de laquelle Isabelle Saporta est intervenue hier.
Votre sujet était le rapport de la Cour des Comptes sur les contrôles agroalimentaires. 
Il aurait été intéressant de souligner que l’affirmation consistant à dire qu’on ne surveille que les denrées recevant des aides PAC ne correspond absolument pas à ce que vivent au quotidien les arboriculteurs membres de l’Association Nationale Pommes Poires qui représentent les professionnels de la filière.
Les producteurs sont contrôlés tout au long de la saison. Les fruits sont contrôlés également.
De façon non exhaustive, je liste quelques contrôles :
1. Un organisme externe contrôle la bonne application de la Charte Qualité des Pomiculteurs de France « Vergers écoresponsables » auprès de chaque pomiculteur. Environ 60% des pomiculteurs sont engagés dans cette Charte qui vise à produire de façon durable et responsable.
2. Des recherches de résidus de produits phytopharmaceutiques et de substances naturelles  sont menées à la sortie de l’exploitation. Des analyses et des contrôles sont faits de manière extrêmement rigoureuse sur l’ensemble du fruit. En ce domaine, les normes européennes et françaises sont reconnues comme étant les plus drastiques au monde. Il existe un programme national de surveillance mené par la DGCCRF, les distributeurs et les organisations de producteurs elles-mêmes procèdent à des contrôles réguliers. Ce sont systématiquement des laboratoires extérieurs spécialisés et accrédités par les pouvoirs publics qui se chargent de détecter les résidus de produits phytosanitaires ou naturels.  Si un lot dépasse les LMR (Limites Maximales de Résidus), la récolte de la parcelle est automatiquement mise à l’écart du marché. Les cahiers des charges de la grande distribution sont également intransigeants là-dessus !!
3. Un cahier cultural répertorie chaque intervention pour que l’arboriculteur soit en mesure de les justifier. Ne pas tenir à jour ce cahier tombe sous le coup de la loi.
4. Les arboriculteurs, leurs pratiques, leurs récoltes n’ont jamais été aussi contrôlés. En plus des autocontrôles, la police de l’eau, la police de l’environnement (ONEMA), la Direction départementale du travail et de la répression des fraudes  (Direccte), la gendarmerie, les services décentralisés de la protection des végétaux, la Direction Générale de l’Alimentation, tout comme les agents de  l’Office National de la chasse eux aussi assermentés pour contrôler le monde agricole – excusez du peu - vérifient dans les exploitations la bonne application de la réglementation.
Pour finir, je reviens sur une autre idée reçue sur le fait que « la pomme serait le fruit le plus traité » et il faudrait en retirer “3 millimètres”
Il n’y a rien de systématique dans les traitements. Tout dépend des observations que l’on fait au verger, des zones de production et des variétés. Le nombre de soins ne sera donc pas le même selon les situations. Leur nombre varie également en fonction des années, de la météo (plus ou moins de précipitations, les pluies ont un impact sur les maladies dans le verger). En année sèche, sans risque tavelure, il y en a très peu.
Par ailleurs, les traitements n’ont plus rien à voir avec ce qu’ils pouvaient être il y a 20 ou 30 ans. Aujourd’hui, c’est l’observation du verger qui permet de déterminer avec précision si une intervention est nécessaire. Les producteurs privilégient à chaque fois que possible des méthodes alternatives de lutte intégrée (confusion sexuelle contre les vers, présence de prédateurs contre l’araignée rouge ou le puceron, etc...). De plus, les produits utilisés aujourd’hui sont beaucoup plus ciblés. Les solutions peuvent être bios. En effet, nous utilisons la solution la plus adaptée au cas de figure qui se présente car il est nécessaire de protéger les fruits pour pouvoir proposer aux consommateurs des pommes à la fois belles, bonnes et saines. Laisser penser que la pomme est trop traitée n’a pas de sens car dans les soins apportés, on compte toutes les interventions, par exemple le traitement au calcium.

Si on demande de laver les fruits et légumes, c’est d’abord et avant tout pour des questions d’hygiène parce qu’ils peuvent être touchés par différents intervenants au cours du circuit logistique et par les acheteurs eux-mêmes. Rien ne sert de les peler, si ce n’est par goût personnel, d’autant que les vitamines sont plus fortement concentrées dans la peau.
Par ailleurs, il faut souligner que toutes les études démontrant les effets bénéfiques de la pomme sur la santé sont menées sur des pommes produites normalement, et ces effets sont extrêmement positifs, dans différents domaines.
Tous les producteurs croquent les pommes de leur verger à pleines dents et avec la peau.
Veuillez m’excuser d’avoir été un petit peu trop long mais à l’heure où les Français estiment ne plus avoir confiance dans les media (http://www.ozap.com/actu/77-des-francais-n-ont-pas-confiance-dans-les-medias/451234) parce qu’ils ne se reconnaissent pas dans les informations qui leur sont données, il me semblait important d’apporter ces précisions.
Pour vous rendre compte des pratiques responsables des arboriculteurs, c’est avec plaisir que je vous invite à découvrir la réalité des pratiques dans mon propre verger en Charente ou dans un autre verger écoresponsable plus proche de Paris dès que vous en aurez la possibilité. Je me tiens également à votre disposition pour intervenir à l’antenne pour vous apporter mon éclairage sur les pratiques actuelles.
 
Très cordialement,
 
Daniel Sauvaitre.
 
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Publié dans Pesticides & OGM

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Sceptique 22/02/2014 16:14


J'espère que cette lettre sera mise sous le nez de Madame Saporta, mais je suis convaincu qu'elle n'en tiendra aucun compte. Elle aura trop peur de perdre son emploi.

Alambic City 22/02/2014 16:30



Isabelle Saporta n'en est pas à son premier coup d'essai concernant son obsession à maltraiter l'arboriculture française. Il y a un décalage formidable entre ce qui est dit au public et ce qui se
passe dans les champs, sur le terrain. Mais comme toujours, les informations anxiogènes qui font vendre sont plus facilement mémorisées par les consommateurs manipulés...


 


Un exemple d'honnêteté de notre spécialiste :


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