Les vignes en charentes

Publié le par Olivier

 

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Le vignoble charentais est certainement l’un des vignobles de France qui compte la plus grande diversité de mode de conduites. Ces multiples façons de conduire la vigne reposent sur deux principes de base :

 

La taille longue (traditionnelle) : Guyot simple ou double, attachée à plat ou en arcure.

La taille à courson : cordon haut ou cordon bas palissé.

 

Le plus répandu des modes de conduite de la région est encore la vigne palissée attachée en arcure ou à plat. Le cordon haut avec port libre est très présent dans la région même si l'arcure haute qui a fait son apparition depuis plusieurs années maintenant, tend à le remplacer sur certaines  exploitations viticoles. Le Cordon et l'arcure haute se révèlent plus économique que la taille Guyot traditionnelle puisqu'ils suppriment le relevage de la vigne. Le cordon bas palissé s’est développé depuis quelques années avec la diversification de la production de vin de pays. Ce mode de conduite bien que qualitatif pour la production de vin de pays et moût à pineau, reste contraignant et couteux en main d’œuvre, ce qui freine son développement.

 

L'écartement des vignes entre les rangs.

 

Aujourd'hui, dans la majeure partie des cas, les vignes sont plantées avec un large écartement entre rangs. C'est à dire que la distance entre rangs est supérieure à 2,50 mètres. La tendance est de privilégier un écartement de 3 mètres de large qui permettra de facilité la mécanisation du travail de la vigne et de réduire ainsi les couts de production.

 

Pourquoi des vignes larges et hautes ?


Depuis les années 60, les vignes basses ont remplacé les vignes hautes qui limitent les risques de gelée de printemps et facilitent le désherbage du dessous du rang.

La production de cognac, repose sur un rendement hectare relativement élevé comparé aux autres régions viticoles voisines comme dans le bordelais. En effet, si dans les appellations les plus prestigieuses, les rendements autorisés approchent des 40 à 50 hectolitres à l’hectare, une vigne apte à la production d'eaux de vie de cognac peut produire facilement jusqu'à 120 – 150 hl/ha selon le type de terre et le millésime plus ou moins productif et cela avec une densité de plantation basse.


Par exemple, une vigne de Merlot située dans le Saint-Emilion peut être plantée avec un écartement entre rangs de un mètre et un mètre entre pieds :

100x100/1/1 = 10000 pieds/ha pour 40 à 50 hectolitres de vin produit.

Une vigne d'Ugni-Blanc en charente plantée avec un écartement entre rang de trois mètres et un mètre vingt entre pieds aura une densité de plantation de : 

100x100/3/1.2 = 2778 pieds/ha pour un rendement de 100 à 180 hl de vin.

 

Dans le premier cas, le cep de vigne de Merlot aura produit 0.5 litre de vin (5000/10000).

Dans le second cas, le pied de vigne d'Ugni-blanc aura produit 5 litres de vin (14000/2778).

On voit donc, dans cet exemple que l'hectare de vigne issue du terroir charentais, même sur une densité faible, arrive à produire trois fois plus que la même surface de vigne située dans la prestigieuse appellation de Saint-Emilion et que parallèlement les pieds de vignes produisent jusqu'à dix fois plus ! Que faut-il en déduire ? Que le vin blanc des charentes n'est pas bon et qu'il ne peut pas produire une eau de vie de grande qualité ?

En fait, ces productions sont différentes et ne visent pas à obtenir le même produit. Lorsque le vigneron bordelais met tout en oeuvre pour limiter les rendements de sa vigne dans le but de concentrer au maximum les composés du raisin qui constitueront la matière du vin (matières colorantes, polyphénols, minéraux, etc...), le viticulteur charentais quant à lui, a un tout autre objectif, obtenir un vin de distillation. Le vigneron charentais, comme celui du bordelais, va essayer de récolter ce que l'interprofession lui autorise à produire. Sur ce point, si les rendements de l'appellation bordelaise évoluent peu, les rendements charentais commercialisables sont soumis à beaucoup plus de fluctuation.

Pour faire simple, une vigne d'Ugni-blanc sur un sol riche peut produire sans difficulté chaque année 120 hectolitres, si celle ci est bien entretenue et ne subit pas d'aléas climatiques particuliers.

Le cépage Ugni-Blanc qui représente plus de 90% de l'encépagement de notre région est très productif. Il a été implanté pour sa forte production qui offre un vin acide de degré plutôt faible (entre 8 et 9,5%). L'acidité, élément majeur de la conservation du vin de distillation joue également un rôle essentiel au cours de sa distillation. Il ne faut pas oublier que le vin obtenu vise à être transformé en eaux de vie et qu'il sera donc concentré à cette étape. On pourrait donc faire une similitude entre la pomme à couteau et la pomme à cidre. La pomme à couteau doit être la plus gouteuse alors que la pomme à cidre souvent amer et acide, une fois fermentée, va donner un cidre destiné à être consommé ou distillé pour obtenir du Calvados, un autre spiritueux que le Cognac...

Publié dans Dans la vigne

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Daniel Duret 14/04/2011 15:09



Sinon sur la photo on voit bien les piquets, l'arbre en face, la maison au lointain, l'herbe dans l'allée, mais la conduite de taille, kedal! (queudal ou queudalle, on n'est pas r'gardants nous
aut' en charente)



Daniel Duret 14/04/2011 15:05



On est bin content d'savoir ça !


 


Saloperie d'vignasse ...