La farce du « Zéro glyphosate »

Publié le par Alambic City

La farce du « Zéro glyphosate »

Le dernier éditorial du président de l’UGVC (Union Générale des Viticulteurs pour AOC Cognac), Christophe Véral paru dans l’Avenir du Cognac n°36 du mois de Mars 2019 consacré au retrait du glyphosate est frappant sur plusieurs points.

Tout d’abord, le président du syndicat du Cognac reconnait que :

« Depuis un an, la presse et les ONG environnementales montent le sujet du « glypho » au sommet des sujets polémiques. Et malheur à celui qui dévierait, un peu, du constat globalement admis : « Le glyphosate, c’est mal ». »

Il enchaine par la suite :

« Si le matraquage médiatique est usant, ne soyons pas démagogues : le glyphosate, ce n’est quand même pas la panacée. Nous le savons. Et dans la démarche de responsabilité environnementale qui est celle que nous avons entreprise à l’échelle d l’AOC Cognac, il est évident que nous devons arrêter rapidement l’utilisation de ce produit. L’État a son rôle à jouer, ses responsabilités à prendre, en poussant les laboratoires à travailler et à fournir des produits de substitution qui soient sans impact sur notre santé ainsi que celle de nos riverains, et le plus largement sur l’environnement. »

Monsieur Véral peut prétendre parler au nom de la viticulture charentaise, je ne suis pourtant pas certain que tous les viticulteurs du cognaçais partagent son analyse.

 

L'innocence du glyphosate

Si son premier constat est juste, le glyphosate est bien montré du doigt dans la presse et par les environnementalistes, on doit malheureusement reconnaitre que la disgrâce portée à son encontre est parfaitement infondée : Non, le glyphosate ce n’est pas le mal. Globalement, les bénéfices qu’il apporte en agriculture sont largement supérieurs à la faiblesse de ses inconvénients. L’écotoxicité de ce désherbant demeure de très loin la plus faible sur l’environnement et la santé humaine.

Oui, il est usant d’avoir à répéter ce fait établi. Mais les faits objectifs n’ont pas à être étouffés par une propagande mensongère. Ces informations anxiogènes diffusées à longueur de temps ne font que participer à la fabrication de nouvelles peurs et des attentes sociétales injustifiées. Jusqu’à présent, le glyphosate reste le plus sûr des désherbants dont nous disposons. Dans ces conditions pourquoi vouloir à tout prix s’en passer ? La viticulture utilise une quantité d’autres produits chimiques impactant d’avantage le milieu naturel et la santé. Pourquoi s’en prendre alors à une substance active aussi peu préoccupante ? Pourquoi ne pas demander le retrait de tous les désherbants chimiques mis à notre disposition dans ce cas ?

Demander l’appui de l’État pour espérer trouver une alternative à ce produit est assez surprenant lorsque l’on sait que c’est justement nos politiciens qui ont renoncé à faire entendre les exactitudes scientifiques portant sur les domaines environnementaux : agricultures, énergies ou lutte illusoire contre le réchauffement climatique d’origine humaine. Rappelons que la recherche scientifique française autrefois pionnière dans le génie génétique s’est vue interrompre son travail dans ce domaine d’excellence au nom de l’éthique et du principe de précaution. Nos plus brillants chercheurs dans ce domaine n’ont pas eu d’autres choix que de s’expatrier pour pouvoir continuer à exercer leur discipline. Leurs compétences ont été accueillies dans des pays où la science est encore considérée comme un moteur de progrès social et de développement économique. En France, terre des lumières, nos politiciens timorés ont préféré capituler face aux revendications régressives des écologistes. Les inventions se font dorénavant ailleurs. Comment L’État français pourrait donc « pousser les laboratoires à travailler et à fournir des produits de substitution qui soient sans impact sur notre santé ainsi que celle de nos riverains, et le plus largement sur l’environnement. ». Quelle naïveté ! Comment ignorer à ce point que cette recherche constitue le fer de lance des entreprises agrochimiques pourtant décriées dans l’opinion publique. Ces entreprises ont un intérêt direct à mettre sur le marché de nouvelles molécules aussi « écologiques » que celle du glyphosate.  Demander à l’État de trouver des solutions à des problèmes qu’il a lui-même amplifié est une situation assez shadokienne. Si L’État peut nous aider, c’est au contraire en remettant de la raison au cœur de ses décisions : Écouter la science et refuser d’abdiquer aux revendications mortifères des écologistes. Que L’État laisse les entreprises privées innover, les seules aptes à répondre aux nouveaux défis. L’État doit mettre un terme à sa politique de développement durable dont la multiplication des normes contreproductives qui en découlent pénalisent lourdement notre économie.

Alors en attendant des alternatives sérieuses et aussi avantageuses que celles que nous procure le glyphosate et autres désherbants chimiques, concentrons-nous sur nos premiers problèmes : continuer à produire tout court dans un environnement contraignant et incertain. Les mauvaises herbes sous le rang et le mildiou se moquent bien de ces postures idéologiques. Car c’est bien d’une incroyable supercherie dont nous avons à faire ici. Cette vindicte contre le glyphosate ressemble beaucoup au pied de vigne qui cache le vignoble. Tous ceux qui approuvent le retrait de cette substance active sont le plus souvent des ignorants, parfois des idéologues et peut-être aussi des imposteurs qui au lieu de rappeler l’évidence des faux problèmes montés en épingle par les médias (OGM, pesticides, réchauffement climatique) préfèrent jouer le jeu de l’écologisme. Demain avec la même irrationalité et la montée de l’obscurantisme notre interprofession nous incitera à passer à la viticulture biodynamique, une viticulture sectaire guidée par des croyances dignes des sciences occultes dont raffolent les bobos-écolos.

 

Du « zéro glyphosate » à la réduction insensée de notre empreinte carbone.

Lorsqu’un grand groupe de spiritueux annonce dans la presse vouloir réduire de 50% ses émissions de carbone en l'espace d'une dizaine d’années et qu’en même temps il s’enorgueillit de convertir un de ses prestigieux vignobles du cognac au « zéro glyphosate », on peut légitimement douter de la compatibilité de ces deux objectifs. La demande de production de vin pour élaboration d’eau de vie de cognac n’a jamais été aussi forte dans l’histoire de notre région. Pour atteindre ses quotas élevés, la viticulture a recours à toujours plus d’intrants. Une vigne en bonne santé capable de produire de généreux et beaux raisins n’est possible qu’avec l’aide de la protection chimique. Les apports de nutriments d’origine organique ou de synthèse sont indispensables. Les énergie fossiles et nucléaire sont incontournables. La clé de réussite repose avant toute chose sur beaucoup de travail et d’intelligence humaine.

Notre croissance est dépendante de l’énergie, toutes les entreprises dans le monde le savent, aucune d’elles ne souhaitent entamer la décroissance de leur chiffre d’affaires ou de leurs résultats financiers. La réduction des émissions de CO2 est une chimère. La viticulture peut se passer de glyphosate et de désherbant chimique en travaillant mécaniquement le cavaillon : c’est techniquement possible. La viticulture peut aussi renoncer à la protection chimique antifongique en abolissant l’utilisation des pesticides : c’est techniquement très compliqué et risqué, les récoltes s’effondreraient mais cela demeure néanmoins possible si on accepte de produire peu, voire rien certaines années à forte pression parasitaire. En revanche, la viticulture pourra difficilement se passer d’utiliser des ressources énergétiques pour faire fonctionner ses tracteurs, ses pressoirs, ses pompes et ses distilleries. De l’énergie et des ressources fossiles, il en faudra encore beaucoup pour expédier les bouteilles de cognac aux quatre coins du monde.

Pour faire simple, vouloir retirer le glyphosate est une fausse bonne nouvelle, une fausse bonne idée, une fausse vertu. En supprimant le glyphosate par principe, on complique la vie des viticulteurs qui devront s’arranger à détruire leurs mauvaises herbes avec des produits plus chers, souvent moins efficaces et dont le spectre d’action est limité.

Si l’histoire consiste à supprimer le glyphosate et par extension, mettre fin à l’utilisation des désherbants chimiques, le travail du sol deviendra alors la solution de repli avec toutes les contraintes que ce travail implique. Il faudra en conséquence accorder beaucoup plus de temps à la réalisation de cette tâche qui nécessitera inévitablement plus de carburant pour un résultat moins bon. Les charges de production augmenteront mais la planète et la santé des gens ne s’en porteront pas mieux pour autant. Les articles à charges contre notre agriculture peuvent s’entasser dans les rédactions en quête de sensationnalisme, ces mesures ne changeront pas grand-chose à la qualité de l’eau de notre région. Le niveau de biodégradabilité d’un pesticide est l’un des critères indispensables pour qu’il puisse obtenir son homologation.  Pour rappel, depuis 2001, sur 950 substances actives utilisées pour la protection des plantes, 700 ont été retirées et un peu plus d’une centaine de nouvelles molécules ont remplacé partiellement les produits disparus.

Le glyphosate est une bénédiction pour l’humanité. Cette molécule bienfaitrice a permis à l’agriculture de se libérer d’une pénibilité considérable dans la maitrise des mauvaises herbes. Dans notre histoire récente, la découverte du glyphosate et son utilisation modérée constituent incontestablement un progrès technique et sociétal.

Arrêtons de faire de cette matière active un bouc émissaire. La société aurait beaucoup à perdre de cette décision purement idéologique.

Si la préoccupation première de notre syndicat ou des maisons de cognac était le bien être et la santé des citoyens, ils devraient se montrer encore plus ambitieux en nous demandant d’arracher nos vignes pour produire du jus de pomme à la place par exemple. Le Cognac n’est pas un produit de première nécessité, c’est même un produit de luxe qui contient 40% d’éthanol. L’alcool est un cancérigène avéré, responsable rien qu’en France de plus de 40 000 décès prématurés chaque année.

Notre syndicat ne répond aucunement aux attentes de l’interprofession en proposant cette solution d’un autre temps alors que sa mission consisterait bien au contraire à faire connaitre la vérité en innocentant l'impact du glyphosate sur l’environnement et la santé humaine.

En attendant, je vais devoir expliquer à mes enfants qu’il ne serait pas sage de vouloir reprendre la suite de l’entreprise familiale. S’ils étudient bien à l’école, ils pourront peut-être espérer travailler un jour dans le Développement Durable. Les métiers où il importe de produire quelque chose de concret sont à proscrire définitivement. Dans ce contexte de régression social où l’écologisme asphyxie peu à peu la raison humaine, je vais plutôt me servir un cognac allongé de quelques glaçons, qui me rappelleront l’étendue des glaciers de l’antarctique en augmentation. Il ne faut jamais bouder les petits bonheurs de l’existence.

 

 

 

Article :

« Toutes les agences sanitaires indiquent que le glyphosate ne présente pas de risque » - Publié le 07/04/2019 - Le Point.fr

 

Livres :

Réponse à l’écologisme – Comment la connaissance permet de réfuter les peurs entretenues – L’Harmattan 2016

Arrêtons d’avoir peur ! – Maurice Tubiana – Michel Lafon 2012

Les prêcheurs de l’apocalypse : pour en finir avec les délires écologiques et sanitaires – Jean de Kervasdoué - Plon 2017

Ils ont perdu la raison – Jean de Kervasdoué - Robert Laffont 2014

Ils croient que la nature est bonne - Jean de Kervasdoué - Robert Laffont 2016

La vie sans énergie moderne : pauvre, désagréable et brève – Samuele Furfari – L’Harmattan2016

L’idéologie du réchauffement – Science molle et doctrine dure – Rémy Prud’homme -L’artilleur 2015

CO2, un mythe planétaire – Christian Gerondeau – Edition du Toucan 2010

Climat : j’accuse - Christian Gerondeau – Edition du Toucan 2015

Climat : la grande manipulation – CO2, catastrophe ou bienfait ? – L’artilleur 2016

L’innocence du carbone – François Gervais – Albin Michel 2013

L’urgence climatique est un mythe – François Gervais – L’artilleur 2018

Réarmer la raison – De l’écologie raisonnée à la politique raisonnable – Michel de Rougemont – FR 2017

La comédie du climat – Olivier Pastel-Vinay - JC Lattès 2015

Le GIEC est mort vive la science ! – Drieu Godefridi – Texquis 2010

Science et désinformation – Marc Le Menn - Editions Perspectives Libres 2015

Climat : 15 vérités qui dérangent – Istvan E. Marko - Texquis 2014

Climat, mensonges et propagande – Hacène Arezki – Edition Thierry Souccar 2010

Vive le nucléaire heureux ! – Michel Gay – 2016

 

 

 

Edito Christophe Véral - UgniC - N°36 - Mars 2019

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Commenter cet article

eric17 30/11/2019 09:57

l'UGVC cela me fait penser à un relent du MODEF 20 ans derrière nous .
Des types imbus mais qui dans la réalité pratique l'inverse de leurs idées .
Bref , syndicat non représentatif .

Olive 03/05/2019 16:07

Merci pour cet article une fois de plus pertinent.

La position de l'UGVC relève d'un syndrome Munichois, Churchill avait dit " « Ils devaient choisir entre le déshonneur et la guerre. Ils ont choisi le déshonneur et ils auront la guerre. »"

On ne négocie pas avec les extrêmes, la position de l'AOC ne fait que les conforter dans leurs croyances et ne calmera leur hardeur à détruire notre agriculture.

Olive 04/05/2019 12:54

Oups ardeur