L'enfer sur terre

Publié le par Alambic City

L'enfer sur terre

L’agriculture sans les pesticides a été l’enfer sur terre pour les femmes et les enfants qui ont, depuis que l’agriculture existe, combattu à la main et en vain maladies, insectes et autres nuisibles.

L’agriculture sans les machines agricoles a été l’enfer sur terre pour les hommes qui se sont colletés des travaux extrêmement pénibles et souvent tuants.

L’agriculture sans les semences modernes et sans les engrais a été l’enfer sur terre pour les paysans mais aussi pour tous les autres dont la nourriture dépendait des rendements obtenus.

L’élevage sans les antibiotiques, sans les vaccins, sans les traitements antiparasitaires a été l’enfer sur terre pour les éleveurs aussi bien que pour leurs animaux domestiques.

L’élevage sans du fil de fer bon marché permettant de clore les pâturages de façon que les bêtes se gardent toutes seules, a été l’enfer sur terre pour les petites filles qui devaient garder des animaux dans les prés au lieu d’aller à l’école.

L’agriculture sans la capacité de collecter et répartir l’eau potable comme l’eau d’irrigation, de forer des puits suffisamment profonds, d’irriguer en tant que de besoins, d’assainir les terrains grâce au drainage a été l’enfer sur terre pour des paysans qui n’ont pu que prier pour la pluie arrive.

Le monde rural sans la bicyclette a été un enfer pour les femmes et les hommes réduits à ne trouver un conjoint que dans leur seul hameau ou village.

Le monde rural sans le chemin de fer a été un enfer sur terre pour toutes celles et tous ceux qui n’ont rien désiré tant que la liberté de voir autre chose que les proches environs.

Á mon avis, il manque à nos amis écologistes de salon un minimum de culture historique.

Guy Waksman
(Texte trouvé sur ForumPhyto)
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janicot 10/04/2018 15:11

Nostalgie... Ergot de seigle, doryphores, mildiou, charançons, c'était le bon temps ! :-)

Dubourdieu franck 26/12/2017 23:36

Cette ode au progrès, au productivisme, à la chimie, aux pesticides ne doit pas occulter les graves maladies que contractent les ouvriers agricoles. Voici un extrait des risques avérés par l'épidémiologie tiré de mon blog www.bordeauxclassicwine.fr
LA LOURDE EPIDEMIOLOGIE DE PLUS EN PLUS AVEREE
Au contact direct des pesticides, peuvent apparaître des affections aiguës, cutanées, respiratoires ou digestives. De par le monde, des paysans ruinés se suicident par absorption volontaire de pesticides, c’est dire leur nocivité !
Plus d'un million de français, exploitants agricoles et salariés, employés de l'industrie chimique, jardiniers, riverains, particuliers, sont exposés aux pesticides. Sans oublier tous ceux qui l'ont été, tout ou partie de leur carrière professionnelle comme les retraités du régime agricole et, évidemment nous tous recevant de petites doses contenues dans les aliments, l’air et l’eau.
François Veillerette et Fabrice Nicolino (3) ont épluché des centaines d'études qui confirment un lien formel entre l’exposition aux pesticides et l'apparition de pathologies chroniques lourdes.
D'autres études plus récentes confirment leurs effets délétères, à moyen terme et long terme.
Nous citerons en particulier celles publiées par les organismes suivants :
G R E C A N Groupe Régional d'Etudes sur le Cancer à Caen
C R I I G E N Comité de Recherche d'Information Indépendant sur le Génie Génétique du Pr Gilles Séralini
I N C Institut National du Cancer
O M S Organisation Mondiale de la Santé
P A N Europe, Pesticides Action Network
E P A Environmental Protection Agency...
C I R C Le Centre International de Recherche sur le Cancer a classé les molécules les plus utilisées en « cancérogène certain, probable ou possible ». Il bénéficie du plus haut niveau de connaissances scientifiques sur le sujet et, de ce fait, est souvent attaqué par les industriels. En 2015, il a classé le glyphosate (Roundup) comme « cancérogène probable » alors que la commission européenne (Efsa) affirme le contraire !
I S P E D L’Institut de Santé Publique d'Epidémiologie et de Développement, à Bordeaux, a confirmé en 2000 une augmentation significative de la fréquence des maladies dégénératives, (Parkinson, Alzheimer) et des cancers du cerveau dont le gliome, chez les viticulteurs.
I N S E R M L’Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale a publié en 2013 une expertise collective à partir de l'analyse critique et de la synthèse de la littérature scientifique internationale. Un travail volumineux de 2000 pages, qui garantit l'exhaustivité des sources, la transparence et la qualification du travail scientifique. Elle énumère les substances homologuées qui ont une présomption de lien « forte, moyenne, faible », avec les maladies les plus fréquemment rencontrées chez les agriculteurs :
Maladies neurologiques : Parkinson, reconnu comme maladie professionnelle en 2012, Alzheimer.
Maladies hématologiques et du système immunitaire : leucémies, lymphome non hogkinien reconnu comme maladie professionnelle en 2015, myélomes.
Cancers de la prostate (principalement en Guadeloupe et en Martinique où le taux est le plus élevé au monde à cause de l'exposition des populations à la chlordécone, un insecticide utilisé dans les bananeraies), des testicules, du sein, des ovaires et cancers en général à cause des propriétés repro-toxiques et mutagènes de certaines molécules.
Troubles de la reproduction et du développement de l'enfant : nombre de molécules de synthèse* sont des perturbateurs endocriniens qui miment, bloquent ou modifient, même à très faibles doses, l'activité des hormones naturelles et perturbent les fonctions naturelles. Ils pénètrent par effraction dans nos cellules, désorganisent voire bloquent leur métabolisme. Ainsi, explique-t-on les perturbations de grandes fonctions métaboliques : reproduction, lactation, croissance, fertilité mâle et femelle, satiété... et des malformations au cours du développement embryonnaire (cerveau). Leur participation à des troubles du métabolisme (diabète, obésité...) ou du comportement (autisme...) est aussi avérée.

Tous ces centres de recherche ou laboratoires fournissent des études épidémiologiques concordantes, confortées par les théories mécanistes de la toxicité biologique des molécules.
Les pesticides de synthèse sont des xénobiotiques, comme les médicaments, des substances chimiques étrangères à l'organisme. Leur vocation de tuer la flore et la faune les rendent très dangereuses pour l’homme chez qui elles engendrent des dérèglements du fonctionnement cellulaire et en particulier de l’ A D N. Cette génotoxicité provoque des mutations oncogènes.
Les propriétés toxicologiques des pesticides démontrées par les expérimentations in vitro et in vivo, couplées aux données épidémiologiques confirment la relation entre l'exposition aux pesticides et la survenus de pathologies graves.
*Pesticides organochlorés (DDT), herbicides ... comme certains plastifiants ( bisphénol A, phtalates), dioxines ou apparentés (P C B), hydrocarbures aromatiques polycycliques, retardateur de flamme...

EVALUATION, PROTECTION, SUIVI DE TOXICO-VIGILANCE
Trois études de sociologie, toutes accessibles sur Internet, donnent un éclairage précis sur l’enfermement français vis-à-vis des pesticides :
« Pesticides et santé des travailleurs agricoles en France » Jas Nathalie, Courrier de l’environnement de l’ I N R A, N° 59, 2010.
« Rendre visible et laisser dans l’ombre. Savoir et ignorance dans les politiques de santé au travail » Jouzel Jean-Noël et Dedieu François, Revue française de sciences politiques, 2013.
« Comment ignorer ce que l’on sait » Dedieu François et Jouzel Jean-Noël, Revue française de sociologie N° 128, 2015.
La confirmation de plus en plus évidente du danger des pesticides s'oppose à la pensée du pouvoir agricole dominant qui a de bonnes raisons économiques et culturelles de l'ignorer. Comme trop longtemps pour l’amiante, le tabac..., l’arsénite de soude et les insecticides organochlorés en viticulture, l'omerta sur le danger des pesticides est la règle. L’Etat, les institutions agricoles (Ministère, M S A, F N S E A, I N R A…) et les agriculteurs eux-mêmes prisonniers des pesticides, avec l’aide appuyée de l’industrie chimique, ont construit une sous-évaluation de la toxicité des substances et une occultation des « savoirs inconfortables » sur l’épidémiologie.
Dans l’agriculture industrielle, le recours aux pesticides est conçu comme une nécessité. Si l’on reconnaît une certaine dangerosité des produits, on considère que les risques sont gérables. L’Etat a mis en place un encadrement réglementaire d'homologation, de protection des utilisateurs et de suivi de toxico-vigilance qui l’exonère de toute responsabilité et ne remet pas en cause le modèle de l'agriculture conventionnelle.
La gouvernance des risques repose sur trois piliers :

L’homologation de la matière active et l’autorisation de mise en marché.
C’est la commission européenne spécifique (E f s a) qui autorise l’utilisation de la matière active puis chaque pays membre accorde l’autorisation de la mise en marché (A M M) des préparations commerciales (la matière active plus les adjuvants de pénétration) délivrée en France par l’Agence Nationale de Sécurité Sanitaire de l’Alimentation, de l'Environnement et du Travail (A N S E S). Ces commissions travaillent sur la foi des études fournies par les firmes chimiques concernant les effets toxiques de la matière active, sans les adjuvants, sur quelques générations de souris. A partir d’une extrapolation à l’homme, sont définies la dose journalière acceptable (D J A) pour les utilisateurs et la limite maximale de résidus contenus dans les aliments (L M R), calculée en fonction d’une consommation moyenne. L’industrie doit démontrer que, dans les conditions normales d’utilisation et de protection d’une part, de consommation journalière des aliments d’autre part, on ne dépasse pas la D J A et la L M R et que, de ce fait, les risques sont "acceptables ".

Les règles d’utilisation pour un usage contrôlé.
C’est-à-dire pour ne pas dépasser la D J A. Historiquement les firmes n’invitent pas l’utilisateur à se protéger et n’apposent pas la tête de mort, obligatoire aujourd’hui, sur les contenants. Il a fallu du temps pour qu’elles indiquent sur les notices toutes les mesures à prendre (gants, masque, combinaison, cabine étanche...) pour préparer et appliquer les substances puis nettoyer le matériel. Implicitement, elles ne voulaient pas reconnaître la dangerosité de leurs produits. On a admis aussi très tardivement que le personnel agricole doit respecter un délai dit de « réentrée » pour travailler sur la parcelle traitée et que les riverains présentent un risque fort d’exposition.

Le suivi de toxico-vigilance. Distribution de blâmes !
Il a été mis en place sur tout le territoire par la Mutualité Sociale Agricole (M S A). C’est le troisième pilier de l’encadrement, qui reçoit les « retours de terrain » et peut distribuer des blâmes aux mauvais élèves. Pour bien comprendre, rappelons que la M S A, une émanation de la Sécurité Sociale depuis 1952, est un organisme gouverné par trois collèges représentatifs des exploitants agricoles, des employeurs agricoles et, tardivement des salariés agricoles en minorité. 350 médecins, 100 infirmiers du travail et 250 conseillers en prévention sur le terrain, assurent la surveillance des travailleurs, le dépistage des maladies professionnelles et, le cas échéant, la demande en reconnaissance comme maladie professionnelle. Jusqu’en 1990 aucune maladie professionnelle liée aux pesticides n’est reconnue.
A partir de 1997, la M S A met en place un réseau de toxico-vigilance qui répertorie les intoxications aiguës. Une faible proportion des personnes intoxiquées déclare leurs troubles à la MSA alors qu’on les y convie. Cette réticence, outre le fait que les pesticides sont considérés comme un mal nécessaire, tient aussi au fait que l’intoxication est imputée à l’utilisateur qui n’a pas suivi les consignes de protection. La responsabilité est déplacée vers l’agriculteur avec à la clé la distribution d’un blâme. Un comble ! La dangerosité du produit se retourne contre l’utilisateur. La M S A, dominée par les puissants de l’agriculture conventionnelle, souhaite minimiser les risques d’utilisation de ce qu’elle considère comme obligatoire pour produire. D’ailleurs, elle a longtemps caché la survenue des maladies liées à l’exposition aux pesticides. Sur l’ensemble des maladies fortement suspectées, énumérées en début d’article, peu ont été reconnues comme maladie professionnelle et seulement après des années de combat juridique. La MSA fonctionne comme un assureur aidant ses clients à respecter les consignes de sécurité, donc en reconnaissant les dangers. Mais elle est peu disposée à prononcer une réparation.
Protégés par le bouclier réglementaire de l’emploi des pesticides, les responsables agricoles ne se posent pas de question. Le système nourrit un compromis social pour ne pas remettre en cause le modèle agricole dominant et « ignorer ce que l’on sait ». Il commence à se savoir néanmoins, que de nombreuses substances sont classées cancérogènes, mutagènes et reprotoxiques (C M R) et l’on entend dire dans la profession « si elles sont si dangereuses pourquoi ne sont-elles pas interdites ? »

Alambic City 28/12/2017 07:04

Le texte de Guy Waksman est un simple rappel de bon sens, une remise en perspective des bienfaits réels de la chimie dans la vie des citoyens d’une société moderne en opposition aux sociétés pauvres ou en voie de développement. Manifestement, vous avez perdu le sens des proportions au point d’en oublier la notion fondamentale de bénéfices-risques. La peur est un commerce lucratif dans nos pays où certains des citoyens vont jusqu’à préférer boire des vins « naturels » par posture et ignorance oubliant que le premier toxique contenu dans la bouteille reste l’alcool (quand ils ne fument pas !). Les pays émergents qui aspirent à sortir de la pauvreté ne sont pas encore aveuglés par cette fausse préoccupation. D’ailleurs rappelons simplement que les chinois ont gagné 38 ans d’espérance de vie en un demi siècle et ce, grâce en grande partie aux produits chimiques (médicaments, engrais, pesticides, herbicides). Quant à l’espérance de vie des agriculteurs en France, elle continue de croître. Elle est plus longue que les habitants de la région et s’il existent beaucoup d’inquiétudes sur les pesticides, très peu sont avérés.
Les références que vous avancez manquent de rigueur. Les individus que vous citez sont des militants écologistes qui n’ont aucun scrupule à user de désinformation et de mensonges du moment que leurs études biaisées et partisanes vont dans le sens de leurs idéologies.
Avez vous renoncez à vous déplacer en voiture parce que celle ci est dangereuse et polluante ?

Angelilie 29/03/2017 13:34

beau blog. un plaisir de venir flâner sur vos pages. une découverte et un enchantement.N'hésitez pas à venir visiter mon blog. au plaisir

minera 25/12/2016 17:02

Très amusant cet article. C'est sûr que l'industrie agricole détruit beaucoup moins les sols que l'agriculture biologique...
Á mon avis, il manque à nos amis viticulteurs de salon un minimum de culture scientifique.

Olivier 26/12/2016 10:49

Ce texte n’aborde pas la qualité des sols agricoles, il remet juste en perspectives les principales idées reçues sur la vie du monde agricole avant l’apparition de la modernité dont nous profitons tous aujourd’hui dans nos pays développés. Le « c’était mieux avant » chanté à tue-tête par les nostalgiques « de salons » qui ne connaissent l’agriculture que par les discours alarmants et dogmatiques des Claude Bourguignon, Pierre Rabhi, Marc Dufumier ou Marie Monique Robin repose essentiellement sur des croyances à mille lieues des véritables diagnostics basés sur la démarche scientifique.
A mon avis, il manque à ces prêcheurs d’apocalypses un minimum d’'honnêteté intellectuelle !