OGM : une chance pour l’environnement

Publié le par Alambic City

OGM : une chance pour l’environnement
Texte d’opinion de Gérard Kafadaroff,
ingénieur agronome et auteur de OGM : la peur française de l’innovation,
publié le 16 avril 2015 dans La Tribune.
 

 

Les OGM, plus précisément les PGM (Plantes génétiquement modifiées), rencontrent une opposition durable en France. Pourtant, ils présentent de nombreux avantages, notamment économiques, mais aussi environnementaux, en particulier pour lutter contre le réchauffement climatique.

Depuis 1996, les OGM, plus précisément les PGM (Plantes génétiquement modifiées), connaissent un constant développement dans la plupart des grands pays agricoles. En 19 ans, les surfaces cumulées de PGM ont atteint 1,7 milliard d’hectares, chiffre supérieur aux surfaces agricoles cultivées dans le monde. En 2014, 18 millions d’agriculteurs ont utilisé des semences GM, soit 36 fois le nombre d’agriculteurs français !

 

Un choix politique

Aucun problème environnemental ou sanitaire n’a été scientifiquement démontré ou imputé à la transgénèse, technologie utilisée pour créer ces plantes. L’adoption rapide des PGM par les agriculteurs s’explique par les bénéfices économiques obtenus : réduction des coûts, amélioration des rendements et simplification du travail.

Cependant, la France persiste à refuser l’accès de ces semences aux agriculteurs.

Un choix politique justifié par des risques sanitaires et surtout environnementaux réfutés par les experts scientifiques des instances officielles d’évaluation française, européenne et internationales.

Qu’en est-il réellement de l’impact des PGM sur l’environnement ? Une analyse sérieuse doit être effectuée au cas par cas.

Les PGM tolérantes aux herbicides concernent des variétés de soja, maïs, betterave, colza, cotonnier, tolérantes à des désherbants, essentiellement au Roundup® (matière active : glyphosate) mais aussi au glufosinate. Le Roundup®, connu pour ses performances herbicides, est un désherbant foliaire, systémique et non sélectif qui ne peut être appliqué sur une culture installée. Grâce au transfert d’un gène d’une bactérie du sol (Agrobacterium), ces PGM sont devenues tolérantes à cet herbicide, offrant ainsi aux agriculteurs une solution simple, efficace et peu onéreuse pour désherber leurs cultures.

Ces PGM permettent, à la fois, la réduction du nombre de traitements herbicides et des quantités d’ingrédients chimiques épandus ainsi que le choix d’un herbicide caractérisé par sa très faible persistance dans le sol et son bon profil toxicologique. Elles facilitent aussi l’utilisation des techniques d’implantation des cultures sans labour avec ou sans couvert végétal dans l’interculture.

 

"Conservation des sols"

Ces techniques dites de « conservation des sols », courantes en Amérique du nord et du sud mais très peu pratiquées en France, présentent des avantages économiques, agronomiques et environnementaux. Elles améliorent la fertilité des sols, réduisent l’érosion, la consommation de carburant et contribuent à la diminution des émissions de CO2 par le piégeage du carbone dans le sol. Elles ont un impact positif sur la biodiversité en stimulant la vie biologique des sols (vers de terre, carabes, collemboles…) et en offrant refuge et nourriture à la faune de surface, le sol ne restant jamais nu.

L’agroécologie, promue aujourd’hui en France, découvre ces pratiques agronomiques utilisées ailleurs depuis plus de vingt ans. Les PGM tolérantes aux herbicides présentes dans le monde sur 150 millions d’hectares en 2014, restent ignorées en France et en Europe : ni expérimentées, ni autorisées, ni utilisées ! Seule la Roumanie a cultivé avec succès du soja tolérant au Roundup® pendant 7 ans, assurant son autosuffisance en protéines végétales, avant de devoir y renoncer suite à son adhésion à l’Union européenne. Depuis, elle importe, sous forme de grains ou de tourteaux, ce même soja GM !

 

Phénomène de chimiorésistance

Ces PGM sont stigmatisées pour provoquer, dans certaines situations, l’apparition de mauvaises herbes résistantes au Roundup®. Ce phénomène courant de chimiorésistance concerne tous les herbicides, fongicides, insecticides (et antibiotiques) dans le cas d’utilisation trop répétée. La technologie utilisée pour créer ces PGM n’est nullement en cause. Il s’agit là d’un problème de bonnes pratiques agricoles que les agriculteurs français ont la capacité de gérer de façon durable en s’appuyant sur les expériences étrangères.

Les PGM résistantes aux insectes concernent essentiellement le maïs et le cotonnier.

Elles utilisent la technologie Bt qui consiste à insérer dans une plante un des gènes d’une bactérie commune du sol (Bacillus thuringiensis = Bt) produisant naturellement des protéines insecticides très efficaces sur certains insectes et inoffensives pour l’homme.

La seule PGM autorisée par l’Union européenne est le maïs Bt Mon 810 résistant à deux insectes nuisibles aériens (pyrale et sésamie) dont les chenilles peuvent causer d’importants dégâts. Elle a été interdite en France au moment du lancement du plan Ecophyto pour réduire la consommation de pesticides. Incohérence !

L’adoption de ces semences par les agriculteurs, lorsqu’ils en ont le choix, s’explique par une meilleure protection des rendements et une simplification du travail. Ces variétés Bt présentent d’indéniables atouts pour l’environnement : suppression d’un ou deux traitements insecticides, respect des insectes auxiliaires utiles (abeilles, coccinelles, syrphes, chrysopes…), réduction des émissions de CO2 (moins d’interventions mécaniques, temps de séchage du maïs réduit, le maïs Bt plus sain et plus résistant à la verse pouvant sécher plus longtemps sur pied).

 

Faible teneur en mycotoxines

Un autre avantage du maïs Bt, sanitaire cette fois, est sa plus faible teneur en mycotoxines dont certaines sont connues pour leur caractère cancérigène. La même technologie Bt est utilisée sur maïs dans la lutte contre un insecte du sol redoutable, la chrysomèle, apparu en Europe il y a quelques années, que l’on tente de juguler par des traitements insecticides.

Le succès le plus marquant de cette technologie concerne le cotonnier, culture très consommatrice d’insecticides. L’adoption massive des semences GM, en particulier dans des pays comme l’Inde et la Chine, a permis aux petits paysans de réduire le nombre de traitements insecticides, d’améliorer leurs revenus, d’éviter les fréquentes intoxications, parfois mortelles, liées à l’inhalation d’insecticides lors des interventions dans les champs.

Selon la société d’études PG Economics Ltd, les 19 premières années d’utilisation de PGM dans le monde ont permis la réduction de la consommation de « pesticides » de 500.000 tonnes de matières actives, soit 8 ans de consommation française ! Pour la seule année 2013, la réduction des émissions de CO2 (économies de carburant, d’insecticides, d’herbicides et surtout séquestration de carbone dans le sol) a été estimée à 28 millions de tonnes, soit la consommation annuelle de 12 millions de voitures, le tiers du parc automobile français ! Qui en a parlé ?

 

Réponse au réchauffement

La contribution des PGM en faveur de l’environnement ne s’arrête pas là :
- Les premiers maïs GM tolérants à la sécheresse, réponse au réchauffement annoncé de la planète, sont apparus aux Etats-Unis en 2012 et cultivés sur 275.000 hectares en 2014.
- La pomme de terre GM Amflora®destinée à la production d’amidon permettait de réduire les traitements chimiques, la consommation d’eau et d’énergie. Elle a été abandonnée sous la pression des écologistes et d’une règlementation dissuasive !
- En Chine, des eucalyptus et des peupliers GM à faible teneur en lignine rendent l’industrie papetière moins polluante et un maïs GM (maïs phytase) permet de réduire les pollutions des élevages de porc.
- À Hawaï, un papayer GM résistant au virus « Ringspot » a sauvé cette culture après une attaque dévastatrice en 1992.

Les perspectives offertes par les biotechnologies végétales, en particulier par la transgénèse, sont prometteuses. La France craintive, repliée sur elle-même, qui se veut en pointe dans la protection de l’environnement, préfère promouvoir une agriculture bio sans grande perspective de développement ou une agroécologie dont le concept séduisant et fourre-tout reste à valider par la pratique agricole.

 

Désinformation massive

La France avait toute l’expertise scientifique pour rester parmi les pays agricoles leaders en amélioration génétique des plantes. Pendant deux décennies, la réalité concernant les PGM a été masquée par une désinformation massive et des comportements idéologiques.

La protection de l’écosystème agricole ne peut se faire durablement dans l’ignorance des progrès scientifiques et technologiques, notamment en génétique et en biotechnologies végétales.

Gérard Kafadaroff est ingénieur agronome, fondateur de l’AFBV (Association française des biotechnologies végétales), auteur du livre « OGM : la peur française de l’innovation » préfacé par le Pr M.Tubiana, Editions Baudelaire

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Ne laissez pas les lobbys faire la loi !

Si nous ne nous opposons pas massivement au plan anti-abeilles des firmes agrochimiques, les pesticides tueurs d'abeilles seront utilisés sans restriction à travers toute l'Europe - détruisant ce qu'il reste de colonies d'abeilles et de pollinisateurs sauvages en quelques années.

S'il vous plaît, donnez à Pollinis les moyens de contrer les lobbys à Paris et à Bruxelles.



Chère amie, cher ami,

Nous attaquons la dernière ligne droite pour sauver les abeilles. Et Pollinis a besoin de vous aujourd'hui, de votre engagement et de votre soutien financier pour arriver au bout de ce combat vital pour l'environnement et notre avenir à tous.

Un petit rappel est sans doute nécessaire.

Le 29 avril 2013, après des années de lutte des associations, des scientifiques, et la mobilisation de centaines de milliers de citoyens en France et en Europe, la Commission européenne annonce enfin l'interdiction de trois pesticides néonicotinoïdes tueurs d'abeilles...

Il s'agit en fait du résultat des manoeuvres et pressions des firmes agrochimiques pour blanchir leurs produits - un plan machiavélique, qui arrivera à terme dans quelques mois si personne n'est là pour leur barrer la route.

C'est pour ça que votre aide est vitale, pour nous permettre d'organiser dès maintenant la contre-offensive et les empêcher d'aller au bout de ce plan machiavélique, dévastateur pour les abeilles, l'environnement et les productions alimentaires qui en dépendent.

Peu de gens le savent, mais :

- pendant les 2 ans du soi-disant moratoire sur les néonicotinoides, la vente de ces produits n'a jamais cessé de croître dans tous les pays européens : ils sont aujourd'hui utilisés sur 80 à 100% des grandes cultures, céréales, pommes de terre et colza (du jamais vu dans l'histoire des pesticides !) (1)

- le moratoire très partiel ne porte que sur 3 molécules alors qu'il en existe déjà 7 autorisées en Europe. Et qu'entre temps, des produits génériques, sans marque, sont apparus sur le marché et des demandes d'autorisation sont en cours pour de nouveaux néonicotinoïdes chinois.

- bien souvent les agriculteurs n'ont plus d'autre choix que d'utiliser des semences enrobées aux pesticides néonicotinoïdes tueurs d'abeilles - les seules disponibles chez leur distributeur local.

- en moyenne, il faut près de 9 mois pour que la quantité de néonicotinoïdes présents dans les sols après une culture diminue de moitié. Concrètement, 2 à 3 ans sont nécessaires pour que l'imidaclopride, la substance active du Gaucho, ne soit plus détectée dans les champs - mais entre temps, l'agriculteur aura probablement semé avec un autre traitement, et les toxiques tueurs d'abeilles s'accumuleront dans le sol. On les retrouve dans les pollens et les nectars des cultures même non traitées semées à la suite - à des concentrations certes faibles, mais tout de même 20 fois supérieures aux doses qui entraînent une surmortalité des abeilles étudiées en laboratoire ! (2)

Le soi-disant moratoire européen sur les néonicotinoïdes est une supercherie - une vaste opération de propagande destinée à endormir les citoyens et les organisations qui luttent depuis plus de dix ans pour faire interdire les pesticides tueurs d'abeilles partout en Europe.

Ce que nous devons absolument faire aujourd'hui, c'est rassembler au plus vite une armée de citoyens suffisamment nombreux pour s'opposer par tous les moyens aux lobbies, se faire entendre des politiques et forcer les technocrates à écouter les vrais experts qui alertent en boucle sur les dangers qui menacent notre environnement et nos productions agricoles.

C'est un véritable bras de fer qui s'est engagé avec les firmes agrochimiques :

D'un côté, les associations, les scientifiques indépendants et les citoyens, qui à force de mobilisations ont réussi à obtenir l'écoute de quelques responsables politiques et ouvrir la voie vers une interdiction, en France et en Europe ;

De l'autre, une armée de plusieurs centaines de lobbyistes professionnels de l'industrie agrochimique, qui font des pieds et des mains, à Paris et à Bruxelles, pour faire rétablir leurs produits : chantage aux licenciements auprès des politiques, "conseils" aux autorités sanitaires, financement d'études favorables à leurs produits...

C'est à la rentrée que tout va se jouer. C'est pour ça qu'en ce moment même, chacun des deux camps est en train de préparer ses armes et passer ses troupes en revue.

Et c'est pour cela qu'ici à Pollinis, nous avons besoin de savoir si nous pouvons compter sur vous pour préparer la bataille décisive qui va se jouer à l'automne prochain.

Nous devons être capables de mener le combat sur tous les fronts : à Bruxelles, auprès de la Commission européenne, du Parlement, et de tous ceux qui ont leur mot à dire dans l'interdiction des pesticides.

Et à Paris. Car si nous n'arrivons pas à faire plier la Commission européenne, le plan B, c'est l'amendement adopté par l'Assemblée nationale française en mars dernier, et qui interdit les néonicotinoïdes à partir de janvier 2016.

C'est un espoir phénoménal pour les citoyens de l'Europe entière : si jamais la Commission décidait de réhabiliter ces pesticides mortels, il suffirait qu'un seul pays membre de l'UE les interdise sur son territoire pour l'obliger à revoir sa copie.

Ici aussi, la bataille est serrée : alors que notre association a lancé une mobilisation inédite pour faire pression sur les sénateurs, et mis une partie du Sénat de notre côté, en face les lobbies agrochimiques ont joué la carte économique pour convaincre les élus de torpiller le texte.

Résultat : l'amendement a été retiré jusqu'à nouvel ordre !

Mais ce n'est pas fini : après l'examen du texte en commission du Développement Durable, la prochaine étape c'est l'examen par l'ensemble du Sénat à la rentrée. Et d'ici là nous avons du pain sur la planche, nous les défenseurs des abeilles et de l'environnement, pour faire rétablir cet amendement et obtenir l'interdiction totale de ces pesticides tueurs d'abeilles !

Il est impératif de continuer le combat sur les deux fronts, en Europe et en France, pour mettre toutes les chances de notre côté et débarrasser pour de bon les cultures de ces pesticides qui mettent en péril l'alimentation et la santé de toute la population.

C'est pour ça que, à Paris et à Bruxelles, grâce au soutien de citoyens engagés à 100% dans la bataille, Pollinis a constitué une petite équipe soudée autour de cet enjeu crucial pour faire face aux armées de lobbyistes payés par l'industrie agrochimique.

Et je dois dire que, ces derniers mois, personne n'a chômé :

- Pour contrecarrer les pseudo-études financées par les lobbies agrochimiques, nous avons fédéré les chercheurs qui travaillent sur le sujet, produit de nouvelles études accablantes sur les effets désastreux des néonicotinoïdes sur les colonies d'abeilles, sur l'environnement, et même sur l'agriculture, qu'ils mettent en péril en accélérant le développement de résistances chez les insectes ravageurs ! Nous avons appuyé les recherches de scientifiques de renom, et leur avons donné la parole devant les élus européens et la Commission européenne lors d'une conférence à Bruxelles début juillet ;

- Pour faire pression sur les institutions et les responsables politiques, nous avons mobilisé plus d'un million de citoyens à travers toute l'Europe, et avons informé des dizaines de millions de personnes sur les manœuvres scandaleuses des lobbies agrochimiques pour faire rétablir leurs produits. Et en France, la dernière campagne sur les sénateurs a fait l'effet d'une bombe : jamais les élus n'avaient reçu, directement de leurs administrés, autant de messages de protestation !

- Pour enfoncer le clou, nous sommes allés taper à toutes les portes pour exposer nos arguments et faire entendre la voix des millions de citoyens qui refusent qu'on mette en péril leur santé et leur environnement pour satisfaire les intérêts financiers de quelques entreprises sans scrupules. Nous avons rencontré une vingtaine de députés européens, tous les députés qui comptent en France sur les questions environnementales et agricoles, nous avons été reçus au Ministère de l'Agriculture, au Ministère de l'Ecologie...

Et la bataille continue !

Quand je vois le représentant de la COPA-COGECA, le lobby des agrochimistes à Bruxelles, balayer d'un revers de main devant un parterre de journalistes et d'institutionnels les arguments du Docteur Jean-Marc Bonmatin, l'un des scientifiques du CNRS les plus en pointe sur les néonicotinoïdes, sous prétexte que "ça ne répond pas à l'impératif économique", j'en ai la nausée... (§ à modifier selon le rapport de la conférence, en attente) (3)

"L'impératif économique", ça veut dire faire fructifier leurs profits, quitte à sacrifier la nature, l'alimentation et la santé de toute la population !

Chaque année, les taux de mortalité des abeilles sont alarmants. Rien qu'en 2015, certains apiculteurs ont perdu entre 70 et 100 % de leurs colonies (4) – c'est l'hécatombe !

Si le déclin des abeilles perdure à ce rythme-là, qui assurera la pollinisation et la reproduction de toutes les plantes, fruits et légumes que nous consommons chaque jour, et qui nous sont essentiels ?

Il est impératif d'enrayer cette spirale dramatique avant qu'il ne soit trop tard !

Les néonicotinoïdes sont aujourd'hui utilisés sur 80 à 100% des grandes cultures, céréales, pommes de terre et colza (5) – et ce, malgré le pseudo-moratoire de la Commission européenne...

Plus d'une centaine d'études recensent leurs effets particulièrement nocifs sur les abeilles : perte de la faculté d’apprentissage, difficulté dans la recherche de nourriture, perte de l’instinct de retour à la ruche, désorientation, perte de fécondité des reines... (6). Au total, ils sont 7000 fois plus mortels pour les abeilles que le DDT utilisé précédemment dans les champs !

Et ce n'est pas tout : petit à petit, de nouvelles études mettent en lumière la pollution extrême de ces pesticides dans les sols, les nappes phréatiques, les cours d'eau... Bouleversant tout l'écosystème sur leur passage : vers de terre devenus rachitiques, disparition de plus de 40% des organismes aquatiques (dépollueurs naturels des rivières) (7), famines des poissons et oiseaux qui s'en nourrissent... Même les études menées sur les mammifères sont effrayantes : déformation des fœtus, taux anormalement élevé de fausses couches, réduction de la fertilité... (8)

Rien ne justifie qu'on continue à utiliser de façon massive et systématique ces pesticides sur les cultures !

Même l'argument derrière lequel se cachent les agrochimistes, selon lequel ces poisons sont le seul moyen d'avoir des rendements suffisants pour nourrir tout le monde, ne tient pas : l'agriculture n'a jamais été aussi menacée qu'aujourd'hui !

A force de déverser de façon systématique des tonnes de néonicotinoïdes dans les champs, les espèces ravageuses se sont rapidement adaptées : à l'heure actuelle, les néonicotinoïdes dans certaines régions ne peuvent déjà plus rien contre les attaques de doryphores ou de punaises... (9)

C'est une menace sans précédent sur notre sécurité alimentaire qui se profile, et la seule façon d'éviter ça c'est de stopper, dès maintenant, l'utilisation de ces produits.

Seulement voilà : face aux montagnes d'argent des agrochimistes, leurs armées de lobbyistes à Bruxelles et dans tous les pays du monde, et leurs ribambelles d'études pseudo-scientifiques complaisantes, nous, les citoyens, devons nous battre avec toutes nos forces pour peser dans la balance !

C'est à l'automne que tout va se jouer, aussi bien à la Commission européenne qu'au Sénat français. Et croyez-moi, l'équipe de Pollinis compte bien se préparer tout l'été pour être sur le pied de guerre et bien armés à la rentrée.

Nous devons à tout prix continuer le plan de bataille que nous avons mis en place, grâce au soutien des membres de Pollinis, sur le terrain des études scientifiques, des relations institutionnelles et des mobilisations citoyennes.

Tout l'été, nous allons préparer le terrain pour :

- Organiser de nouvelles rencontres avec les scientifiques, produire de nouvelles études sur les effets néfastes des pesticides, lancer de nouvelles conférences à Bruxelles et Paris en invitant les journalistes et les responsables politiques et institutionnels ;

- Multiplier les rendez-vous avec les parlementaires et leur remettre de solides dossiers de fond que nous aurons préparés pendant l'été ;

- Organiser un double dépôt des 1 millions de signatures à la campagne StopNeonics collectées dans toute l'Europe et le monde, auprès de la ministre française de de l'Ecologie, et des responsables de la Commission européenne, pour marquer le terrain dès la rentrée ;

- Remobiliser les citoyens pour mettre une pression ultime et déterminante sur les décideurs politiques, pour réussir à faire passer, au niveau européen ou français, l'interdiction des néonicotinoïdes, salvatrice pour les abeilles, l'environnement et l'avenir alimentaire de toute la population.

Nous avons du pain sur la planche, mais je sais que je peux compter sur chacune des personnes de l'équipe, ici à Pollinis, pour s'investir à 100% pour remporter le combat.

Mais toute l'énergie et la motivation du monde ne sont rien sans un minimum de moyens financiers. Et c'est ce dont nous avons besoin, de toute urgence, pour continuer le plan de bataille que nous avons entamé et être prêts pour le combat à la rentrée.

C'est grâce au soutien fidèle des premiers membres de Pollinis que nous avons pu arriver jusqu'ici, et obtenir un espoir réel d'interdire des produits chimiques pourtant défendus becs et ongles par de puissants lobbies industriels.

Je ne les remercierai jamais assez pour ça.

Mais aujourd'hui, nous devons mettre les bouchées doubles, consolider l'équipe et nos moyens, faire travailler des scientifiques, publier leurs travaux, travailler à temps plein pour aller rencontrer tous ceux qui ont leur mot à dire dans le processus de décision politique... tout en continuant bien sûr de payer les factures de loyer pour nos petits bureaux, d'électricité, d'eau, de téléphone, d'internet...

Peu de gens s'en rendent compte, mais mis bout à bout, tout ceci coûte très cher. Et nous ne pouvons compter que sur la bonne volonté et la générosité de citoyens impliqués dans le combat pour sauver les abeilles et la nature pour nous permettre de continuer à agir.

Aussi, je me permets de vous demander, si cela vous est possible, de soutenir vous aussi Pollinis par un don du montant de votre choix.

Certaines personnes donnent 20 euros, d'autres 50 euros, d'autres encore 100 ou 200 euros. En moyenne, les gens versent 35 euros de contribution. Mais c'est à vous seul de décider du montant que vous souhaitez consacrer à cette cause.

Sachez en tout cas que chaque contribution nous est utile pour continuer notre travail et mener à bien nos actions, sur les deux fronts de bataille : en Europe et en France.

Si vous êtes d'accord pour vous engager plus en avant dans ce combat pour une agriculture saine et respectueuse de l'environnement dont elle dépend, alors merci de cliquer ici pour apporter votre soutien.



N'oubliez pas que si nous ne nous dressons pas tous ensemble face à l'industrie agrochimique et à son armée de lobbyistes, les pesticides tueurs d'abeilles seront complètement blanchis d'ici la fin de l'année, et pleinement autorisés dans toute l'Union européenne...

Et ils détruiront ce qui reste des colonies d'abeilles et de pollinisateurs en quelques années, sans compter les ravages environnementaux et agricoles dont on mesure encore à peine les effets !

Dans cette bataille, nous les citoyens soucieux de la nature que nous lèguerons à nos enfants, nous ne pouvons compter que sur nous-mêmes, et notre capacité à nous mobiliser.

C'est pour cela que, au nom de toute l'équipe de Pollinis, et de tous les membres qui nous aident depuis le début à mener le combat, je vous remercie par avance pour votre engagement et votre soutien qui nous permettront de continuer nos actions pour empêcher les agrochimistes de sacrifier la santé et l'alimentation de toute la population, pour quelques milliards de profit...

Aux abeilles, à la nature, et à la vie !

Très sincèrement,


Nicolas Laarman

Délégué Général

Pollinis



(1) Worldwide Integrated Assessment of the Impact of Systemic Pesticides on Biodiversity and Ecosystems - Systemic insecticides (neonicotinoids and fipronil): trends, uses, mode of action and metabolites. N. Simon-Delso,V. Amaral-Rogers, L. P. Belzunces, J. M. Bonmatin, M. Chagnon, C. Downs, L. Furlan, D. W. Gibbons, C. Giorio, V. Girolami, D. Goulson, D. P. Kreutzweiser, C. H. Krupke, M. Liess, E. Long, M. McField, P. Mineau, E. A. D. Mitchell, C. A. Morrissey, D. A. Noome, L. Pisa, J. Settele,J. D. Stark, A. Tapparo, H. Van Dyck, J. Van Praagh, J. P. Van der Sluijs,P.R. Whitehorn and M. Wiemers

(2) Voir l'interview avec le Dr Jean-Marc Bonmatin, Cnrs d'Orleans : "Les Neonicotinoides ont été mis sur le marché sur la base d'hypothèses erronées"

(3) Conférence de l’intergroupe Biodiversité au Parlement européen, Bruxelles, 1er juillet 2015

(4) http://www.francetvinfo.fr/monde/environnement/ruches-decimees-les-abeilles-ont-ete-empoisonnees_847271.html

(5) Worldwide Integrated Assessment of the Impact of Systemic Pesticides on Biodiversity and Ecosystems - Systemic insecticides (neonicotinoids and fipronil): trends, uses, mode of action and metabolites. Simon-Delso,V. Amaral-Rogers, L. P. Belzunces, J. M. Bonmatin, M. Chagnon, C. Downs, L. Furlan, D. W. Gibbons, C. Giorio, V. Girolami, D. Goulson, D. P. Kreutzweiser, C. H. Krupke, M. Liess, E. Long, M. McField, P. Mineau, E. A. D. Mitchell, C. A. Morrissey, D. A. Noome, L. Pisa, J. Settele,J. D. Stark, A. Tapparo, H. Van Dyck, J. Van Praagh, J. P. Van der Sluijs,P.R. Whitehorn and M. Wiemers

(6) Abnormal foraging behavior induced by sublethal dosage of imidacloprid in the honey bee (Hymenoptera: Apidae). Yang EC, Chuang YC, Chen YL, Chang LH J Econ Entomol. 2008 Dec; 101(6):1743-8.

A Common Pesticide Decreases Foraging Success and Survival in Honey Bees Mickaël Henry, Maxime Beguin, Fabrice Requier, Orianne Rollin, Jean-François Odoux, Pierrick Aupinel, Jean Aptel, Sylvie Tchamitchian, Axel Decourtye, Science 29March2012

Mommaerts V, Reynders S, Boulet J, Besard L, Sterk G, Smagghe G. Risk assessment for side-effects of neonicotinoids against bumblebees with and without impairing foraging behaviour Ecotoxicology. 2010;19:207–215.

(7) Beketov MA, Kefford BJ, Schäfer RB, Liess M. Pesticides reduce regional biodiversity of stream invertebrates. Proceedings of the National Academy of Sciences of the United States of America. 2013;110(27):11039-11043. doi:10.1073/pnas.1305618110.

(8) Bal, R., Naziroglu, M., Turk, G., Okes, Y., Tuncay, K., Etem, E. &Baydas, G. (2012) Insecticide imidacloprid induces morphological and DNA damage through oxidative toxicity on the reproductive organs of developing male rats. Cell Biochemistry and Function, 30, 492–499.doi: 10.1002/cbf.2826.

Bal, R., Turk, G., Okes, Y., Etem, E., Tuncay, K., Baydas, G. & Naziroglu, M. (2012) Affects of clothianidin exposure on sperm quality, testicular apoptosis and fatty acid deposition in developing male rats. Cell Biology and Toxicology, 28, 187–200. doi 10.1007/s10565-012-9215-0

Rexrode, M., Barrett, M., Ellis, J., Gabe, P., Vaughan, A., Felkel, J. &Melendez, J. (2003).EFED Risk Assessment for the Seed Treatment of Clothianidin 600FS on Corn and Canola. United States Environmental Protection Agency, Washington, DC

(9) Puinean AM, Foster SP, Oliphant L, Denholm I, Field LM, et al. (2010) Amplification of a Cytochrome P450 Gene Is Associated with Resistance to Neonicotinoid Insecticides in the Aphid Myzus persicae. PLoS Genet 6(6): e1000999. doi: 10.1371/journal.pgen.1000999

Slater R, Paul VL, Andrews M, Garbay M, Camblin P, Identifying the presence of neonicotinoidresistant peach-potato aphid (Myzus persicae) in the peach-growing regions of southern France and northern Spain. Pest Manag Sci. 2012 Apr;68(4):634-8. doi: 10.1002/ps.2307. Epub 2011 Nov 2.

Paweł Węgorek, Marek Mrówczyński, Joanna Zamojska Resistance of pollen beetle (Meligethes eaneus F.) to selected active substances of insecticides in Poland. JOURNAL OF PLANT PROTECTION RESEARCH Vol. 49, No. 1 (2009)

Studies on Resistance of Grain Aphid (Sitobion Avenae) to Neonicotinoid Insecticides (Education Papers posted on December 24th, 2014 )

Crédits photo : Wikicommons/ Qypchak. www.flazingo.com/creativecommons

Sceptique 19/07/2015 21:51

La Raison est "out". Aucune démonstration ne viendra à bout de la posture de nos écologistes et des politiques qu'ils terrorisent. Pour le moment, une agriculture performante les protège en faisant un écran protecteur de leur déraison. Si Madame la Présidente parvient à priver nos agriculteurs de leurs "phyto-sanitaires" avant la fin du quinquennat, les baisses de production et les hausses de prix alerteront peut-être les autres décideurs. Pour le moment "ils", les décideurs, sont hypnotisés.
Pourvu que la relève ne soit pas encombrée d'un prophète ou d'une prophétesse lui tenant la main qui signe.

Sceptique 21/07/2015 18:03

Pour sauver les abeilles il faut leur donner à manger. J'ai un jardin plein de fleurs, et les abeilles pullulent. Le reste n'est que sottises.